Libres d’être à Maupertuis

Maupertuis, Saint-Malo, décembre 2017… ou le plaisir des retrouvailles…
Le petit théâtre du lycée Maupertuis
, tellement chaleureux, nous accueillait de nouveau, Thomas Scotto et moi-même, pour des lectures.
Cette fois-ci, c’est « Libres d’être » (éditions du Pourquoi Pas ?) que nous leur avons proposé.
Pour le silence attentif et l’écoute bienveillante, pour les lectures que les adolescents ensuite nos proposent… Pour les textes spontanés qu’ils nous écrivent et nous lisent, pour leurs questions, ensuite, si passionnantes. Pour l’engagement de certaines, déjà…

Ce sont des rencontres de cette dimension-là qui nous font aimer ce que nous faisons, et qui donnent un sens à nos écritures.
Alors, merci Céline, Jean-Noël, Aloys, Catherine… Pour votre accueil, et pour le magnifique travail avec vos élèves.

Du salon du livre de Montreuil et de la neige

Salon du livre de Montreuil. Journées scolaires.
Les enfants arrivent par cars entiers. Surexcités. Ils veulent des affiches, des autocollants, des marque-pages, des choses, n’importe quoi, des choses, qu’ils vont mettre dans leur sac, engranger. Ni trésor ni cadeaux. Juste un truc à consommer.
Ils s’agglutinent autour de la table où je dédicace mes livres.
Ils ont « Des questions à me poser ».
Et ils les posent, en rafale, se superposant, se bousculant, se coupant la parole, des questions légitimes de comment-pourquoi-depuis quand vous faites des livres ? Et puis d’autres qui vous laissent perplexe : C’est quoi votre nom, vous faite quoi comme métier ? Mais, aucune importance, ils sont déjà ailleurs, et moi un peu perdue au milieu de ce déluge de décibels et de stylos pointés pour des autographes (sans s’il vous plaît ni merci).
Mais c’est déjà l’heure de la relève. Un autre écrivain prend ma place. Je le connais un peu. « Veux-tu que je te donne les questions du jour ? ». Sourire de connivence : «Non merci ».
Je sors du salon, le bruit collé dans les oreilles.
Je cherche désespérément le silence comme un espace à vivre.
Et puis… plus tard, après dîner, la lumière du dehors m’intrigue.
Et le calme de la rue.
Je regarde par la fenêtre.
Il neige.
A gros flocons, il neige.
Le sol et les toits sont déjà blancs.
Et d’un seul coup, j’entends.
Dans le silence ouaté…
Des rires d’enfants.
Ils sont descendus jouer dans la neige.
Et je me dis que, au fond, c’est pour eux que j’ai encore envie d’écrire.

 

« Libres d’être », une lecture en Lycée

Le mercredi 6 décembre 2017, j‘aurai le plaisir de faire une lecture de « Libres d’être » avec Thomas Scotto, devant des lycéens du Lycée Maupertuis de Saint-Malo.
Cela fait plusieurs années maintenant que nous sommes invités à l’initiative de Cécile Cornec.
La première année, c’était avec L’Atelier du Trio. L’année dernière, pour une lecture de Thomas Scotto de mon « 50 minutes avec toi ».
Et cette année, donc, pour « Libres d’être ».
Je suis toujours impressionnée par le travail qui est fait par cette équipe d’enseignants très motivés (Céline, Jean-Noël, et cie, merci !).
Nous avons la chance de pouvoir faire nos lectures dans une salle théâtre… Sûr que ce sera encore un moment fort !

Et les photos de la lecture sont ici…

Salon du livre de Montreuil 2017, mon programme !

Le salon du livre jeunesse de Montreuil ouvrira ses portes
du 29 novembre au lundi 4 décembre 2017…

J’y serai donc présente, et bien présente…
Voilà mon programme :

Mercredi 29 novembre
– 10 h 30 – 11 h 30. Lecture  de « Moi et ma bande / Zélie et moi » avec thomas Scotto  (éditions du Rouergue, collection Boomerang).
– 11 h 30 – 13 heures. Signature sur le stand des éditions du Rouergue.

Jeudi 30 novembre
– 09 h – 11 heures, retrouvez-moi sur le stand de la Charte des auteurs et illustrateurs pour la jeunesse.
-12 h 30 – 13 h 30. Rencontre avec Eric Pessan, autour du thème « Affaires d’amitié ».
– 13 h 30- 14 h 30. Signature sur le stand des éditions Syros.

Samedi 2 décembre
12 h – 14 heures. Signature de « Ça change tout »  sur le stand de L’Atelier du poisson soluble.
– 16 h – 17 heures. Signature sur le stand des Editions du Pourquoi pas ? avec Thomas Scotto pour le livre « Libres d’être« .

Lundi 4 décembre
– 10 h – 11 heures, signature de « Libres d’être » aux éditions du Pourquoi pas ? (avec Thomas Scotto).
–  11 h – 13 heures, signature de « D’un trait de fusain » sur les stands des éditions Talents Hauts.
–  14 h – 15 heures, signature de « Les mains dans la terre » sur le Stand des éditions Le Muscadier.
–  15 h – 16 h 30, signature de « Tu vois, on pense à toi », sur le stand des éditions Syros.
http://slpjplus.fr/salon/

Une lecture à Juvigné, avec L’Atelier du Trio

Et bientôt… Le plaisir (immense), de retrouver L’Atelier du Trio, Thomas Scotto et Gilles Abier, pour une lecture publique en Mayenne…
Ce sera vendredi 10 novembre 2017, à 20 heures, à la la Médiathèque de Juvigné, près de Laval.
La lecture sera suivie d’une séance de dédicace, avec la participation de la Librairie M’Lire
Alors… Venez vous écouter, nous voir, et parler avec nous !

Vendredi 10 novembre 2017, 20 heures.
Gratuit
Durée : 1h
tout public à partir de neuf ans.

Médiathèque de Juvigné
3 rue Principale,
53380 Juvigné.
Contact : 02 43 05 98 85.
Les photos de la lecture sont sur le blog de L’Atelier du Trio !

D’un trait de fusain, roman (nouveauté)

Retour sur une histoire…

Au début de l’année 2015, Jessie Magana m’a contactée pour évoquer avec moi une collection qu’elle projetait de créer aux éditions Talents Hauts : Les Héroïques. Nous avons discuté des thèmes qui pourraient faire l’objet d’un roman.
Parmi ceux que j’ai proposés, il y avait celui des « années sida ».

J’avais vingt-cinq ans dans les années 86 /87.
J’animais alors une émission d’infos gays et lesbiennes (on ne disait pas encore LGBT) sur Radio Libertaire, à Paris. Nous avions reçu l’un des premiers malades du sida à être médiatisé. À l’époque, on savait peu de choses sur le VIH…
En France, la dépénalisation de l’homosexualité était récente (1982), et la communauté gay touchée de plein fouet. Tant de silence autour de nous…
Deux ans plus tard, un soir de 1989, on recevait dans les studios trois personnes ; Didier Lestrade, Sophie-Anne, et peut-être déjà Cleews Vellay.
L’association Act Up France venait d’être créée et se proposait, à l’instar d’Act Up aux États-Unis, de faire bouger les lignes, secouer les consciences.J’ai découvert une nouvelle façon de militer, faite de rage et de rires, de couleurs, de mises en scène et d’images. Ils m’ont entraînée avec eux, je les ai suivis. Je m’y suis fait des ami(e)s que j’ai vu mourir trop tôt, certains très jeunes. Toujours trop jeunes. Toujours trop tôt.
Je les ai quittés lorsque j’ai commencé à ne plus supporter de me retrouver si souvent au crématorium du père Lachaise. Le rire coincé dans le désespoir d’une répétition sans fin.
Encore quelques années plus tard, je suis moi-même tombée malade. Pas du sida, mais d’une de ces cochonneries assez graves. J’ai repensé à Act Up, alors que les trithérapies commençaient à apporter un peu d’espoir…
Mais combien de temps faut-il avant de pouvoir reparler du passé ?

Aujourd’hui, dans les collèges et les lycées, je vois des jeunes qui se sentent si peu concernés par cette maladie qu’ils ne s’informent plus. Le taux de contamination au VIH réaugmente de façon alarmante, et on meurt encore du sida en 2017.
On se serait donc battus pour rien ? Insupportable idée...

J’ai commencé l’écriture de ce roman, sachant que ce ne serait pas facile.
Comment trouver les mots pour intéresser les ados d’aujourd’hui ? Et si je trahissais mes amis d’autrefois ? Ils étaient tous là, ces fantômes qui me hantent, à peser sur mes épaules…
Alors, pour eux, j’ai choisi de parler d’amour, de la beauté des corps qui se découvrent et s’apprivoisent, des rires et de la vie par-dessus tout.

J’avais terminé l’écriture « D’un trait de fusain » lorsque j’ai appris qu’un film allait être présenté à Cannes, qui parlerait d’Act Up : « 120 battements par minute ».
Il n’y a pas de hasard.
Au fond, Robin Campillo répondait peut-être à la question que je me posais : « Combien de temps faut-il avant de pouvoir reparler du passé ? »
Maintenant, je dirais… Vingt-cinq ans.

« D’un trait de fusain » sort en librairie aujourd’hui, 21 septembre 2017.
Et le vieux trois-mats Le Belem, plusieurs fois évoqué dans mon roman, revient aussi aujourd’hui dans le port de Saint-Malo, pour une halte de quelques jours.
Alors, pour tous ces voyages, je voudrais remercier ici celles et ceux qui m’accompagnent sur ce chemin de mots. Ceux d’aujourd’hui, si présents, si essentiels à ma vie. Ceux de toujours, et ceux et celles que je garde vivants à jamais dans ma mémoire.

Cathy Ytak, Saint-Malo, 21 septembre 2017.

Et dans la presse et sur les blogs…

« D’un trait de fusain »
Editions Talents Hauts
Collection Les Héroïques, dirigée par Jessie Magana.
Couverture Julia Wauters.
Roman ados, à partir de 15 ans.