L’aventure, pour moi, commence un 29 mai 2024, avec la réception d’un mail d’une jeune femme que je ne connais pas. Lucie Arnoux-Leconte est alors étudiante en Actorat à l’EICAR, près de Paris. Elle souhaite écrire une pièce de théâtre à partir de mon roman “D’un trait de fusain” (éditions Talents Hauts), et le mettre en scène.
Ce qu’elle me dit du roman me touche. Elle l’a découvert très jeune et depuis elle ne cesse, me dit-elle : “de l’offrir autour d’elle, et de le relire au minimum une fois par an.” Elle me dit qu’elle me tiendra au courant de l’avancée de son travail. Seuls trois projets seront retenus par son école pour être montés.
Les droits sont accordés. Et au fil des mois, elle me tient au courant. Son projet est retenu, elle va le mettre en scène…
Les mois passent. Quelques échanges encore, et puis une invitation à venir voir la pièce qui va être jouée à l’EICAR.
Je suis heureuse de pouvoir lui dire oui.
Dans la salle, il y a une petite étiquette à mon nom. “Madame Ytak”. Je suis touchée du geste. je n’ai jamais rencontrées “en vrai” cette jeune femme.
Six comédiennes et comédiens, tous étudiant.e.s à l’Eicar, et déjà dans la vie active. Je veux donner leurs noms ici : Manon Coquerel, Tristan Espigue, Justine Young, Louis Rosset, Zoé Paemelaere, Joseph Chemaly.
Avec une belle équipe technique, et deux assistants de mise en scène : Emy Loisnard et Gilian Tournié.
Une heure 20 pour “D’un trait de fusain”. L’histoire de ces jeunes bien dans leur vie, que le sida va frapper de plein fouet, et qui vont s’engager dans la lutte avec Act-up, dans les années 90.
Le spectacle était samedi dernier, et il m’a fallu quelques jours pour trouver les mots pour en parler.
Dire l’émotion énorme. Le jeu des acteurs, la mise en scène, les couleurs, les choix des scènes, la réécriture…
C’était très beau, émouvant, fort, touchant.
Et, alors que je pensais rester un peu anonyme parmi les spectateurs, j’ai eu droit à un hommage soutenu, des fleurs, des embrassades, des mots touchants, des larmes.
Tellement, mais tellement d’émotions !
Alors…
Merci Lucie pour ce cadeau gigantesque.
Merci à vous toutes et tous qui avaient joué dans cette pièce, ou qui avez oeuvré pour.
Outre le bonheur de voir ce travail, j’y ai vu un hommage fort à tous les gens que j’ai aimé et qui sont morts du sida. Comme j’ai pensé à eux et à elles… !
Alors… retenez bien ce nom… Parce que je crois que Lucie Arnoux-Leconte est à l’aube d’une très belle carrière.


(Sur la photo, Lucie Arnoux-Leconte est la 2e en partant de la gauche, dans l’ombre.)